Je vous raconte la suite ?
Mercredi matin. Il fait chaud. Chaud comme il fait chaud dans notre "cuvette" un été normal autrement dit une chaleur de plomb !
Comment s'habiller pour un entretient professionnel quand on doit concilier nécessité de ne pas donner l'impression de se balader toute nue (même si la température le justifierait) et l'impossibilité de mettre une tenue "habillée" qui nous mènerait à la syncope illico ?
On fait le tour de sa garde-robe, on se dit qu'il faut vraiment faire une virée dans les magasins avant la fin des soldes pour trouver au moins une jupe pour porter avec tous les petits hauts habillés accrochés dans la penderie et on finit par fixer son choix sur LA robe marron que l'on adore. Légère, confortable, sobre et sur laquelle on vous fait (encore) des compliment alors que vous l'avez depuis un bon bout de temps.
13h20. Après un léger déjeuner (trop chaud pour avoir faim mais faut quand même éviter les gargouillis intempestifs pendant l'entretien), je me met en route. Tram + bus : une demi heure plus tard je suis sur place.
13h47. Je descend de la ligne express qui me dépose juste devant le bâtiment de l'Assedic de Meylan. Ce site est un site de gestion qui accueille, entre autre, le département RH (au rez de chaussée).
Faut pas arriver trop tôt à un rendez-vous. Je le sais. Mais le soleil chauffe trop pour patienter dehors. Je rentre et sonne dans le sas, on m'ouvre. Je me présente au monsieur chargé de l'accueil, lui indique que j'ai rendez-vous. Il me fait répéter 2 fois et me propose d'attendre sur l'une des 2 chaises qui sont derrière moi. Je patiente en regardant l'écran vidéo qui m'indique la composition de l"Assedic des Alpes", la météo du jour (nationale et locale) et quelques pubs pour Wall-e, X- files et les Chorégies d'Orange. Très éclectique tout ça.
Pendant ce temps les employés reviennent de la pause déjeuner. Style vestimentaire hétéroclite et badjage sont les renseignements que je retiens de ce défilé.
14h00 : mon interlocutrice vient à ma rencontre, me conduit dans une salle de réunion. Les affaires sérieuses commencent.
15h18 : La bouche sèche d'avoir tant parlé (1 heure et quart d'entretien quand même!), je retrouve l'atmosphère extérieure. Du feu. Je sors mon demi-litre d'eau à bulles et je le vide.
Je rejoins le trottoir, traverse la route et attend mon bus.
16h55 : Je suis à maison et plonge sous la douche.
L'entretien se déroule en trois temps.
"Elle" parle de l'Assedic, "je" parle de mon parcours, "on" joue au ping-pong.
Tout y passe, les questions sur ma motivation (logique), est-ce que je connais le fonctionnement de l'Assedic (je lui répond oui, lui résume ce qu'elle m'a raconté (je sais synthétiser) et rajoute des informations glanés sur des forums concernant les réalités de l'emploi à l'Assedic (je ne suis pas là en touriste), mes expériences, pourquoi j'ai fais-ci et pas ça, mes capacités en calcul (oui, Madame, en Psychologie on pratique les statistiques jusqu'à un niveau assez élevé et même si ce n'est pas ma tasse de thé, je sais calculer. Les sommes et proportions ne me font pas peur).
Elle m'attaque sur le fait que je porte sur la relation d'aide au retour à l'emploi et à la réorientation professionnelle un regard idéaliste. A quoi je lui répond que tenter d'aider au mieux les gens avec les moyens que l'on a me semble un minimum quand on travaille dans un poste d'accueil et de conseil. Mais que si je doit me montrer réaliste voir coercitive eh bien, j'appliquerai la procédure. Je me retiens de lui dire que ma position de demandeur d'emploi ne me permet pas d'ignorer les réalités de "déshumanisation" de l'Anpe et de ses partenaires.
La conversation se poursuit sur les conditions d'exercice du poste et ses bouleversements programmés (fusion anpe-assedic avec transfert des recouvrements de cotisation à l'URSSAF etc...). Sur la nécessité qu'elle a de recruter des profils capables d'intégrer rapidement les changements de réglementation (et de statuts). A quoi je lui ai répondu un truc bateau, j'aurais pu faire mieux.
Viennent ensuite les horripilantes mais inévitables questions sur mon handicap physique et son impact sur mes conditions de travail (Très agaçant de s'entendre demander si on peut faire la même chose que des personnes "normales"pare ce que quand on est reconnue handicapé(e), ça veut dire que l'on a certaines limites...). Je lui rétorque que je vis avec depuis 36 ans et qu'elle n'a qu'a m'interroger sur ce qui l'inquiète car moi je m'en accommode très bien (comme si j'avais le choix) et que je connais mes capacités et mes limites. J'ajoute que la seule chose qui pourrait interférer dans l'organisation de mon travail, c'est ma journée d'hospitalisation toutes les 10 semaines mais comme la date est fixée 2 mois à l'avance, cela peut-être intégré au planning sans problème.
A ce moment là, une chose bizarre survient. Elle me sort qu'avec les journée de rtt je peux m'organiser pour en prendre une pour aller à mes bilans post greffe.
Alors 1/Une journée d'hospitalisation = 1 journée d'arrêt maladie. Faut pas pousser. Et 2/ les rtt ce n'est que pour les CDI qui bossent 37 heures 30 alors que les CDD sont recrutés sur la base d'un 35 heures. Je postule pour un CDD moi !
La suite me laisse encore plus perplexe quand elle me demande si je serais d'accord pour partir en formation (oui), est-ce que je pourrais m'absenter de chez 5 à 10 semaines (Ok, ça c'est pour connaître ma situation personnelle mais 10 semaines pour un CDD renouvelable au mois pour un remplacement maladie moyenne durée ??)
Elle me dit qu'il y a d'autres postes à pourvoir et pas seulement celui pour lequel, j'ai postulé. Ahhaa. Donc il y a des postes en CDI à pourvoir. Mais je ne me fais pas d'illusions si "il y a des choses intéressantes dans (mon) parcours" elle doit avoir des quotas à remplir. La discrimination positive rentre en scène.
Alors, j'ai inspiré un bon coup et lui ai dit que pour un CDD je pouvais tenir un temps plein mais que s'il fallait envisager un CDI, j'opterais plutôt un temps partiel. Là elle m'a dit que l'Assedic avait pour politique de ne pas offrir de contrat en temps partiel mais que l'on pouvait l'envisager...
Depuis standby.
Je suis quand même allée me procurer deux jupes pour faire face à de futures convocations. ça c'était hier matin, jeudi.